Fredz


Décembre sur mars

  • Sortie d’album : Février 2022
  • En tournée : À partir de février 2022
  • Label : E.47
  • Relations de presse : Marie-Pier Létourneau

COUPE BOL ET LUNETTES RONDES

Fredz ressemble à un personnage d’un film de Wes Anderson ou d’Harmony Korine. Coupe au bol, lunettes rondes. Post adolescent pas encore fixé, qui scrute le monde pour mieux le dépasser. Un disque est en préparation: “Décembre sur Mars”. Ce titre est à double sens: Il vient du confinement, de cette impression de vivre sur une autre planète. Et aussi du fait qu’il a été conçu entre décembre et mars. 

Fredz a 19 ans, est né et vit à Montréal. En guise d’éclaireur, on pourra écouter son single, Faits d’Hiver, hymne pour sortir de (chez) soi. Physiquement et mentalement. Sur ce titre hybride, à la fois lucide et magique, dépouillé et profond, on découvre l’univers de Fredz, fait d’amour, d’émotions, d’humanité déjà plus dupe. On entend et voit un artiste qui est en train de prendre véritablement forme. Chrysalide salutaire. À cause du virus, Fredz a eu le temps. Le temps de creuser son nombril, de s’évader immobile, de se projeter, de créer. Les chansons de Fredz naviguent sur plusieurs océans, elles sont rap, pop, trap soul, soleil et nuit, quotidiennes et transfigurées. Elles viennent de loin, ça se sent. 

La musique dans la vie de Fredz, c’est d’abord le vieil iPod de sa mère, qu’il emprunte pour écouter Léonard Cohen, pas mal de musiques anglo-saxonnes. Il s‘imagine alors sur scène, à la place de ceux qu’il écoute. Il s’essaye à la guitare, devient beatmaker. Jusqu’au jour où il s’achète un micro et un peu de matos: “Ça a été un déclic. Une révélation. J’avais en fait envie d’écrire, envie d’expérimenter, sans aucune limite.” Insister est décidément une bonne chose. 

Depuis, le beatmaker de l’ombre a laissé sa place à un rappeur dans la lumière. Et il est entouré d’une équipe artistique d’E.47, son nouveau label. Fredz s’intéresse désormais plus aux arrangements. Et bien sûr, aux textes. Ses textes. Minutieux et poétiques. On devine chez Fredz l’envie d’en découdre avec les apparences. Avec un esprit résolument DIY: “Je fais tout depuis ma chambre. C’est très important pour moi. On y va avec ce qu’on a comme on dit! Je veux pouvoir tout gérer, tout contrôler artistiquement…” précise-t-il. Fredz aurait pu choisir de n’être qu’un énième rappeur. S’appeler MC Snow. Non. Ce timide avéré voulait se démarquer, s’épanouir, ne pas être comme tout le monde. Fredz démontre avec sa musique qu’on peut viser juste sans se perdre. Chanter des choses parfois même douloureuses sans chuter dans le pathos navrant. Pour ça, il a eu une idée géniale: Créer un alter ego. Sara. Explications: “Sara est l’héroïne de mes histoires, un personnage. Tout le monde se demande qui elle est. Elle peut être moi, mon ennemie, mon amoureuse, quelqu’un qui s’est suicidé, elle peut être n’importe qui. Créer Sara m’évite le “moi, moi, moi”, l’ego trip, qui peut vite fatiguer”. Sara a peut-être existé. Allez savoir. Elle est peut-être un amalgame salutaire. Des émotions surgies d’un passé. Une inspiration. Une balise. Un sac de frappe, là pour expulser les choses brûlantes. Le coeur délaissé qui se remet à battre, plus fort encore… C’est indéniablement une démarche d’écrivain, même si Fredz ne le revendique pas un seul instant, lui qui rêve un jour pourtant d’écrire un livre. Et de faire un feat avec Karim Ouellet et Lord Esperanza, deux artistes qui l’ont inspiré, lui ont montré la voie. 

Surtout, Fredz veut monter sur scène. Croiser le public. Enfin s’incarner. Le temps d’un destin.